Partager l'article ! La voile latine; rectangulaire, trapézoïdale ou triangulaire?: La voile latine est certainement la plus ancienne du monde. Les représentati ...
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La voile latine est certainement la plus ancienne du monde. Les représentations de bateaux méditerranéens dans l'antiquité montrent une voile rectangulaire suspendue à une vergue (ou antenne) accrochée au mat par son milieu. Deux écoutes et deux balancines orientaient la voile. Puis les voiles devinrent trapézoïdales et enfin triangulaires. La voile latine semble être en usage dès la fin de l'antiquité.
La plus ancienne représentation incontestable d'une telle voile remonte au VII° siècle de notre ère. C'est la voile que les marins de la méditerranée occidentale ont emmené partout où ils ont navigué. Elle s'est maintenue pendant de nombreux siècles jusqu'au dernier où elle devint de plus en plus verticale pour simplifier les manœuvres et réduire le nombre d'équipiers. La barque catalane l'a conservé dans ses formes originelles et elle n'a été supplantée que par le moteur.
La pratique de la voile latine diffère des autres voiles et du maniement du gréement marconi qui équipe tous les voiliers actuels. Le mat incliné vers l'avant est une des caractéristiques des barques catalanes. La voile latine est enverguée (attachée) sur une antenne, composée de deux parties : le quart (partie basse) et la penne (partie haute). Elle permet toutes les allures possibles de navigation à la voile.
A " la bonne ", la voile est sous le vent du mat et complètement déployée ce qui offre un maximum de puissance. Le centre de la voile se déplace sur l'avant ce qui permet de garder un cap serré au vent c'est-à-dire faire du près pour remonter au vent. Afin de conserver la voile à la bonne main il est nécessaire de " tréhuchet ", ce qui signifie passer la voile et l'antenne du bon côté du mat. La " tréhuche " se fait aussi bien par l'arrière du bateau (empannage) que par l'avant (virement). L'empannage est réalisé en descendant le lit du vent tandis que le virement n'est faisable qu'en remontant au vent.
Par petit temps ou vent faible il est possible de rajouter sur l'avant une petite voile appelée polacre en catalan ou foc en français . " Foc " signifiant le feu en catalan, le terme ne pouvait pas convenir pour désigner cette voile. Chaque barque est aussi armée de deux avirons pour pallier au manque de vent. La vela est en coton formée de laizes de 55 cm de large cousues à la main verticalement, et possède deux ou trois bandes de ris disposés en éventail à partir de la pointe avant.
Les ris servent à raccourcir la voile en l'accrochant à l'antenne. La ralingue du bas (bord de la voile) est doublée de cuir à l'avant pour la préserver du frottement. La
forme arrondie du bas de la voile permet de dégager le pont pour laisser de la place aux rameurs et de la visibilité au barreur. La ralingue du haut se termine à chaque extrémité par une bague
qui permet de la fixer aux bouts de l'antenne. Le mat est implanté au milieu de la barque, et mesure la même longueur que celle-ci. Il est incliné vers l'avant afin de faciliter certaines
manœuvres de la voile.
Dans le même style, lire un autre article sur ce site : Voiles latines en Languedoc-Rousillon
Le gréement latin est constitué d’un mât et d’une antenne, auxquels s’ajoute parfois un bout-dehors.
Le mât ( arboura )
Il est court et fort ; sa longueur est d’environ 4/5 de la longueur de la coque, ce qui correspond à la longueur intérieure du bateau. Son diamètre maximum est situé au pied du mât, il est égal à 3% de sa longueur ; son diamètre minimum est situé au sommet, il est égal à la moitié du grand diamètre.
Le mât est posé sur la quille au 11/25ème de la longueur du bateau à partir de l’avant. Son pied est inséré dans l’emplanture, pièce de bois située au fond du bateau et calée entre les membrures. Au niveau du pont, il est tenu dans l’étembrai.
La tête du mât est percée d’une fente dans laquelle se trouve une poulie (le clan) sur laquelle passe la drisse de la voile.
Le mât est légèrement incliné sur l’arrière ; la quête est de un pouce par pied, soit un douzième, soit 8,34 cm par mètre.
Au-dessus de l’étambrai, le mât est équipé d’un ou plusieurs taquets servant à arrêter les drisses et autres manoeuvres.
L’antenne ( enténo )
L’antenne est la partie la plus originale du gréement latin. Elle est toujours constituée de deux espars :
- l’un, inférieur, est rigide et croise le mât, c’est le quart ( lou car )
- l’autre, supérieur, est souple, c’est le penne ( peno ).
Le quart et le penne se côtoient sur une certaine longueur, c’est le croisant ( enginaduro ) qui représente environ 1/3 de la longueur totale de l’antenne. Au niveau du croisant, le quart et le penne sont travaillés de façon à ce que leurs surfaces en contact soient bien ajustées : soit planes, soit concave/convexe. Le penne est toujours positionné sous le quart. L’assemblage est réalisé par des ligatures en cordage.
L’antenne est placée soit à babord, soit à tribord ; le choix conditionne l’amure qui sera la plus favorable : quand l’antenne est à babord, tribord est l’amure favorable ( la boueno man ) et babord l’amure défavorable ( a bido ). Les bateliers des ports établissaient en général l’antenne à babord ; en effet, ils étaient souvent amenés à accoster bord à bord de gros vaisseaux mouillés en rade, et une règle navale imposait aux petits bateaux d’aborder les navires par babord. Il était plus commode et prudent de ne pas établir l’antenne du côté de l’accostage, c’est-à-dire à tribord du pointu.
La qualité et le réglage de l’antenne sont déterminants pour la bonne marche du bateau. L’antenne doit être à la fois solide, souple et légère. Le quart, sur lequel portent les forces les plus importantes, doit être surtout solide, alors que le penne doit allier légèreté ("Quart de fer, penne de fenouil" ).
La drisse de l’antenne est constituée d’une itague appelée flon . Le flon de drisse est fixé au niveau de la partie antérieure du croisant par l’intermédiaire d’un anneau de cordage appelé estrope ou bragot ; il passe dans le réa de tête de mât et se termine par le palan de drisse qui est tourné sur un taquet fixé au-dessus de l’étambrai ou sur l’étambrai lui-même. La position de l’estrope sur l’antenne est très importante car elle conditionne la position longitudinale de l’antenne par rapport au mât et donc au bateau ; selon que l’on place l’estrope plus ou moins en avant ou en arrière long de l’antenne, le centre de la poussée vélique recule ou avance, rendant le bateau ardent (tendance à lofer, à se rapporcher le l’axe du vent) ou mou (tendance à abattre, à s’écarter de l’axe du vent).
L’antenne est maintenue contre le mât par la drosse, qui est une boucle coulissante composée d’un fort bout à l’extrémité duquel est fixé un anneau de bois (moque appelé bigotto et dans lequel le bout passe après avoir embrassé l’antenne et le mât. La drosse est souquée ferme sur un taquet fixé au-dessus de l’étambrai ou sur l’étambrai lui-même.
Au pied du quart, sont fixées deux manoeuvres : le palan d’amure ( lou davant ) et l’orse-poupe. A l’extrémité du penne, est fixée l’oste : il s’agit d’un hale-bas qui rejoint un taquet fixé à la poupe. Ces trois manoeuvres servent à orienter l’antenne dans le plan vertical et latéral, en fonction de l’allure du bateau (orientation de sa route par rapport à la direction du vent).
L’angle que forme l’antenne avec le mât est d’environ 150°. L’antenne est parfois prolongée par un frêle espar ( espigoun ) servant à établir quelque pavillon.
Le bout-dehors ( bartalo )
Il s’agit d’un espar disposé à l’avant du bateau, à peu près horizontal, qui dépasse la coque d’environ un mètre et permet d’avancer le point d’amure du polacre pour l’écarter de la mestre, ce qui améliore son rendement et autorise une plus grande surface.
. Manu .
" La confiance est un élément majeur, sans elle, aucun projet n'aboutit " . Eric Tabarly.
" La seule chose qu'on est sûr de ne pas reussir est celle qu'on ne tente pas ". Paul Emile Victor.